jeudi 15 septembre 2016

J'attendais la pluie !

J'attendais la pluie. Il n'avait  pas plu depuis 2 mois et demi. Le jardin était sec, la nature était en souffrance.

J'attendais la pluie purificatrice. L'été a tellement été lourd en angoisse, questionnement sur l'avenir... déception aussi...

En janvier dernier, on m'a détecté une masse dans un sein. Après des examens, on m'a confirmé que ce n'était pas un cancer. Soulagement, par contre, c'était à surveiller car cela pouvait évoluer.

Début juillet, catastrophe : cette fameuse masse a triplé de volume, un abcès s'est formé à l'intérieur, quelque chose évolue mais pas dans le bon sens. L'angoisse revient...

Premiers examens, aucun diagnostique possible, il faut attendre et recommencer. Le mot cancer est prononcé mais ce n'est pas un diagnostique, juste une possibilité. Je passe de mammo, en écho, en consultations, en période d'attente (fichues vacances d'été où tout s'arrête ! ), en traitements per os ou externes et j'attends, je suis en apnée, mais je continue à vivre. 

Ma tête se met à fonctionner la nuit, quand tout le monde dort... nuits sans ou avec très peu de sommeil... mon cerveau cherche des solutions, revoit ses priorités... leur dire que je les aime, parce que pour être heureux et construit, il faut savoir que quelqu'un, quelque part vous aime ou vous a aimé... être là et vivre et profiter et rire avec eux. Le reste n'a plus aucune importance... la recherche d' emploi, je m'en cogne, les problèmes divers et variés, je m'en cogne... je suis en apnée, j'attends le début du combat ou la délivrance, j'attends un putain de diagnostique ! 

En parallèle, cette saleté de crabe s'attaque à une amie. J'ai peur. Peur pour elle, mais aussi peur pour moi sans le dire ou l'avouer...  comment l'aider ?

Le chantier de la nouvelle maison prend du retard !  Nous devons décaler, réorganiser ! Inquiétude, mais ça occupe l'esprit aussi, c'est bien. 

Il faut tenir bon car comme ça, si demain je ne suis plus là, ils seront bien installés mes amours...  oui, c'est important : de l'amour et des racines, voilà ce que je veux laisser. 

Puis j'efface les mauvaises idées, je reprend espoir, j'attends toujours le diagnostique, inutile d'être défaitiste et de voir les choses en noir.... allez ! On y croit !  On l'aura cette maison !  Et on y vivra longtemps tous ensemble.

La nuit, mon cerveau se remet à fonctionner, l'angoisse est forte la nuit. J'aimerai savoir... je suis en apnée...

Je m'accorde une pause dernière semaine d'août. Et j'intime l'ordre à mon cerveau d'oublier pour une semaine... je profite de l'océan, des enfants de la famille...  mais je suis encore une fois déçue de la réaction de ma mère qui ne veut pas écouter mon angoisse quand j'essaie de m'en ouvrir auprès d'elle. 

Elle ne me parle que d'elle de ses petits bobos sans gravité. Me ressasse ses vieux reproches sur son divorce, mon père, sa vie.... ça fait combien d'années que je les entends ses saletés de putains de reproches ? J'ai envie de lui hurler dessus. Je me retiens et l'écoute, enfin, je fais semblant. Le summum est quand elle me dit qu'elle a du mal à mettre des photos de moi chez elle car je ressemble trop à mon père. Je t'emmerde maman, je t'aime, mais je t'emmerde, voilà ce que j'ai à lui dire. Je ne le dis pas, ça ne sert à rien, je le sais.

Le reste du séjour se déroule bien. Je la chouchoute quand même un peu... elle a des lubies alimentaires et en ce moment, elle mange des mangues, plusieurs par jour... alors je lui achète des mangues, lui propose de la conduire faire des courses. Elle refuse, prend mes mangues, passe son temps à se plaindre à me ressasser les choses. Dans ma tête quelque chose me dit que je n'aurai peut être plus l'occasion de faire ça pour elle. Alors je serre les dents, mais je fais, j'écoute... 
Le moment de la quitter est venu, je n'ai pas trouvé auprès d'elle ce que j'étais venue chercher.
Les vacances se terminent sur la route, après un crochet en région parisienne pour déposer Belle Maman, nous rentrons. Et quel bonheur de pousser la porte de mon chez moi !

Le lendemain, 29 août,  l'infection étant  résorbée, je passe de nouveau des examens. Deux jours plus tard, nouvelle consultation  et le diagnostique tombe enfin : NON ce n'est pas un cancer, par contre, il va falloir enlever cette masse car un jour, elle pourrait le devenir.

Respirer enfin... respirer à nouveau ! Je me sens libre et invincible. Je ris de mes nuits d'angoisse, la vie est belle et continuera à l'être ! Je respire, finie l'apnée !! Délivrance !

Joie, soulagement mais des larmes aussi... je pense à celle qui n'a pas eu cette chance et qui doit se battre. J'ai honte. Pourquoi elle ? Ce n'est pas juste. Rien n'est juste, tout ceci est absurde.

La folie de la rentrée commence. Marin commence aussi ses séances chez l'orthophoniste. Je cours de réunions de rentrée, en rendez-vous médicaux, en inscriptions pour les activités des garçons. Je cours, je cours mais je respire à nouveau. C'est si bon de respirer, vous ne pouvez pas savoir.

Ce que je me rappelle...  la seule chose qui restera après moi sera l'amour que je donne à mes enfants, les valeurs que je souhaite leur transmettre, les souvenirs. Le reste n'est rien et ne compte pas.

Rappelez vous : dites leur que vous les aimez, il est tellement important de savoir que quelqu'un vous aime d'une manière inconditionnelle. 

J'avais besoin de poser ça, pour en finir, pour ne plus le porter. C'est fait. J'attendais la pluie purificatrice et elle est venue cette nuit. C'est si bon la pluie !




mercredi 3 août 2016

Aussi longtemps que nous aurons envie de rêver et marcher ensemble...

En ce 3 août, nous fêtons nos 3 ans de mariage... 

Cela nous semble si peu, alors que nous avons l'impression de vivre tous les deux depuis des années et des années ! 
Certes, cela fait 7 ans que nous vivons ensemble, mais nous avons l'impression que c'est bien plus, non parce que le temps nous semble long, mais simplement parce que vivre ensemble, pour lui et moi, est si naturel et évident que cela nous semble être depuis toujours ! Quand on aime, on ne compte pas et dans notre cas, ça vaut pour le temps passé ensemble aussi ! 

Je suis retombée sur les vœux d'engagement mutuel que je lui ai lu pendant notre cérémonie laïque.
(soit dit en passant, que nous avions bien fait de faire cette cérémonie vu que la mairie de Dreux a particulièrement bâclée et expédiée la cérémonie civile. Mais notre cérémonie laïque fût parfaite, elle !  ) 

3 ans après je ressigne et réitère mot pour mot ! 

"Nous sommes là, tous les deux aujourd'hui, mais qui l'aurait cru au départ ? Personne, même pas nous en fait ! Et pourtant…
Pour y arriver, nous avons parcouru un long chemin qui ne fût pas de tout repos, nous ne nous sommes pas ennuyés. Mais quelle belle aventure vivons-nous !
Certains diraient qu’une autre commence ici et maintenant, mais je préfère dire qu'elle continue ici, que notre mariage n'est pas un aboutissement mais la simple continuité de ce que nous avons commencé un soir sur un quai de gare...
Voici donc venue l'heure des promesses... tu sais que je ne te promettrai pas les "toujours" et les "jamais" que les amoureux prononcent dans ces moments-là, les yeux dans les yeux. Non… Je ne peux pas te promettre de t'aimer non plus, car mon amour tu l'as déjà ! Je ne peux pas te promettre mon soutien et ma confiance car tu les as déjà aussi ! Alors, je ne te promettrai rien.
Je te dirai seulement que sur cette route, notre route, tu trouveras ma main dans la tienne chaque fois que tu en auras besoin et que nous marcherons tous les deux côtes à côte. Je te dirai aussi que je continuerai à croire que nos actes sont le reflet de nos sentiments, à croire en nos rêves même s'ils sont complètement fous, en nos projets, présents ou à venir, même les plus audacieux, et que je continuerai de ne jamais rien considérer comme acquis, surtout pas nous.
Aujourd'hui, je m'engage à continuer cette belle aventure de la vie auprès de toi et à faire en sorte que nous ayons longtemps encore envie de rêver et de marcher ensemble."

(Copyright texte et photos Blog La cabane dans l'arbre. ) 


vendredi 15 juillet 2016

Laissons les rêver, c'est mieux.


On va faire comme d'habitude, c'est décidé. On va suivre tout cela via nos ordinateurs et laisser la TV soigneusement éteinte... on peut encore les protéger de ça et on va laisser nos enfants vivre leurs journées d'été, rêver, jouer, se chamailler et rire, sans les images immondes et révoltantes que j'ai vu, moi, cette nuit et qui m'ont laissé en larmes.

On va les laisser a l'abri de ça. Je n'ai pas envie de leur expliquer que, pas si loin de nous que ça, d'autres enfants ne retourneront pas à l'école, ne riront plus, ne joueront plus parce que... parce que quoi d'abord ? Comment justifier ça ? Comment ? Moi, je n'ai plus les mots pour ça...
Laissons les rêver et être des enfants, c'est mieux... justement pour toutes ces vies  qui se sont envolées hier soir et pour tous ces enfants qui ne rêveront plus. 

jeudi 14 juillet 2016

Alors qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ?

Eh bien, oui, c'est vrai ça ? Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire ??? Attention note à rallonge et en image !

D'abord, il y a eu des naissances... plein de naissances ! 23 très exactement !

 


La première couvée artificielle avec les œufs de mes bébés...




Non, tous les œufs sur la photo n'ont pas tous donné de poussins. Sur la première couvée, j'avais mis 14 œufs en couveuse et j'ai eu 4 poussins !
J'ai donc recommencé avec des œufs fécondés que j'ai été chercher chez un éleveur amateur plus 2 des miens soit 22 œufs et ils m'ont donné 11 poussins !

Florilèges d'éclosions et de poussins orpingtons fauves, gris, bleu, noir splashs...

La toute première éclosion... nous étions collés aux hublots de la couveuse, les garçons étaient médusés devant le miracle de la vie...




 

 


Tous les poussins éclos sont tous vivants et en bonne santé !







 Puis, il y eut donc la seconde vague d'éclosions, 4 semaines plus tard... et la même émotion...

 





Et puis notre Myrtille eut la soudaine envie de couver, alors pourquoi la contrarier ? Hop hop hop direction l'éleveur et hop : 10 œufs sous ses fesses + 2 de ma Réglisse ! 3 ont été cassés en cours de couvaison donc poubelle, 1 était clair donc n'a rien donné... et 8 poussins des œufs de élevage et 1 bébé de ma Réglisse !!


















Tout ceci m'occupe pas mal : nettoyer, les poulaillers, changer les litières, le foin des nids, ratisser les enclos, préparer les pâtées, veiller à ce que tout le monde ait de l'eau propre, etc. Et de voir ma myrtille avec ses bébés, quel bonheur en plus !

Mais il n'y eut pas que des poussins ! Non, il y eut aussi des trous, qui se sont remplis...

D'abord, nous fûmes les heureux propriétaires d'un immense trou en Ardèche ! :-P







Quand je vous disais qu'il était immense ce trou... mais depuis il s'est comblé :





Notre rêve prend forme, les murs montent doucement mais sûrement !

Et puis, il y eut deux étudiants qui ont réussi leur année avec brio : Petite Souris, 20 ans maintenant est arrivé 3ème de sa promo et Grand Garçon, 23 ans a validé lui aussi sa seconde année de licence, l'an prochain nous aurons deux diplômes d'études supérieures à fêter ! Mais ils ne s'arrêteront pas pour autant, car ils continueront sur des masters. 

Gabriel, lui, passe en CE1 haut la main et Marin entrera en moyenne section de maternelle.

Et puis il y eut en vrac... 

Des promenades à pieds....





 Des promenades en vélo...





Des achats pour être beaux ! 








Il y eut aussi des heures de jeux au parc du village, des repas au restaurant...








Laissez moi aussi vous présenter nos chouettes voisins : Mr et Mme Chevêche. Un peu bruyant la nuit, mais charmants ! 





Il y eut des discussions, des lectures, des films, des rêves... Et puis il y eut parfois de la tristesse, nous n'en parlerons pas ! Mais il y eut beaucoup, beaucoup, beaucoup de rire, de joies et d'amour ! La vie quoi...  une chouette vie ! ^^